Culture - Enseignement

|

Il fait bleu sous les tombes

Un roman de Caroline Valentiny

© Samuel Kirszenbaum

J’aime les histoires, toutes les histoires. Celles des livres, celles des films, celles des chansons, celles des gens, les tragiques, les comiques, les bizarres, les édentées, les jolies, les cassées, les victorieuses, les ordinaires. J’aime surtout les histoires qui ne vont pas de soi, qui surprennent, qui se cherchent et qui parfois se trouvent. Sinon j’aime le chocolat, le chant polyphonique, nager dans les lacs canadiens, marcher pieds nus sur le sable, parler d’autres langues, emmener mon petit garçon en balade, voyager en suivant le vent du moment et le goût du jour.

J’aime écrire parce que je pressens que la vraie vie commence avec l’imaginaire. C’est là que naissent les rêves, les projets. En créant de toutes pièces un univers de fiction, on se met à l’écoute de ce qui dort au fond du monde. On le réveille à coups de crayon. Comme les peintres, les musiciens, les danseurs. J’aime écrire aux frontières du réel, là où se mêlent plusieurs vérités. Je crois que la vérité est toujours un voyage, entre soleil et pluie, comme la vie.

Pour en revenir aux histoires, c’est peut-être pour cela que je suis devenue psychologue. C’est curieux parfois la manière dont se fabrique un chemin dans l’existence. J’ai moi-même eu longuement besoin d’être écoutée, et à présent c’est moi qui m’assieds avec les autres, et qui les écoute. J’aime chercher avec eux un fil qui tienne la route, tenter de les aider à écrire la suite de leur trame, de leur scénario intime. Je travaille avec des jeunes universitaires de 18 à 25 ans. C’est un âge qui me passionne. D’ailleurs c’est l’âge de mon jeune héros, Alexis. C’est le temps d’une alchimie délicate entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte. Il y a tant à faire pour devenir soi, et en même temps on est déjà, peut-être, plus soi que jamais.

Au sujet du roman