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Cher père

Cher Père,
  

J’ai lu sur ton visage la blessure que je t’avais infligée. Je ne veux pas m’excuser. En t’expliquant mon choix de vie, je ne cherchais pas à te vexer. Au contraire. Depuis toujours, j’aimerais que tu sois fier de moi. J’ai dû grandir et tu n’étais pas souvent là, mais je voudrais que tu te rendes compte que tu es parvenu malgré tout à me faire évoluer. Désormais, prends le temps de regarder ce que je suis devenue. Je ne cherche pas à me vanter, mais j’aimerais que tu sois fier de moi, que tu sois satisfait de ta plus belle œuvre.

Aujourd’hui, je ressens le besoin de vivre ma vie, de m’assumer tout entière et je n’ai pas besoin d’aide. Je rêve d’une vie faite de rebondissements, certes, mais pas d’une destinée toute tracée ou trop facile. Surmonter des épreuves, échouer, recommencer, apprendre, avancer. A présent, je ne suis fière que de moi-même. Je suis mon seul maître de jeu. Je ne crains pas les critiques. Je n’ai plus peur de ton jugement. Je ne regrette rien, je sais exactement ce que je désire. N’est-ce pas toi qui me dis si souvent qu’il faut impérativement croire en soi et en ses rêves ?

Je continuerai, jusqu’à la fin de mes jours, à me persuader que j’ai grandi à tes côtés. Ton absence me hantait. Finalement, je te sentais présent. Il faut toujours croire et se convaincre de choses qui n’ont parfois même jamais existé.

Aussi, Papa, sache que j’aimerais que les diverses blessures que j’ai pu te causer se cicatrisent. Mais le temps est irréversible.

Je te remercie de ne pas avoir toujours été là. Rassure-toi, malgré moi, j’excuserai toujours tes fautes…

Isabelle